NOUVELLE TECHNIQUE :
ABORD ANTÉRIEURE MINI-INVASIF DE LA PROTHESE TOTALE DE HANCHE (PTH)
PAR VOIE ANTÉRIEURE DE HUETER sans aucune section tendino-musculaire

Pourquoi cette technique française se développe dans les grands centres spécialisés dans la chirurgie prothétique de la hanche à travers le monde ?

Historique

La mise en place d’une prothèse totale de hanche par VOIE antérieure de Hueter est une technique française développée par le professeur Judet.

Depuis une dizaine d’années cette intervention délicate à réaliser s’est développée gràce à la création d’une nouvelle table de chirurgie conçue pour la mise en place de la prothèse par cette VOIE antérieure. Cette table permet de positionner le membre inférieure dans la position désirée pour mettre en place de façon atraumatique les implants.

Environ 15% des poses des prothèses totales de hanche se font par cette voie en France surtout dans les grands centres parisiens. Depuis 10 ans, 130 000 poses de prothèses totales ont été réalisées en France et aux USA par cette voie d’abord antérieure.

Pourquoi cette technique ?

Actuellement 140 000 prothèses totales de hanche sont mises en place par an pour traiter la coxarthrose primitive. Les résultats de cette intervention sont excellents avec plus de 98% de bons résultats à 20 ans.

Ainsi, il devient fréquent de poser des prothèses totales de hanche à partir de 50 ans.

Ces patients en activité professionnelle demandent à leur chirurgien de revenir à une vie normale le plus rapidement possible afin de limiter leur arrêt de travail pour des raisons financières ou par peur de perdre leur emploi.

Il faut éviter de sectionner les éléments musculo-tendineux lors de l’abord de hanche. C’est là que la voie d’abord antérieure de Hueter prend tout son INTÉRÊT car elle ne nécessite aucune section tendino-musculaire.

D’autres voies d’abord peuvent être utilisées :

  • la VOIE postérieure qui nécessite de sectionner certains tendons pelvi-trochantériens
  • la VOIE antéro-latérale qui nécessite de désinsérer une partie des fessiers.

Bien sûr la réparation des ces tendons se fait à la fin de l’intervention mais la cicatrisation de ces tendons nécessite 6 semaines et retarde la récupération articulaire d’autant.

Technique et avantage de la voie antérieure de Hueter

La voie antérieure de Hueter passe entre les muscles dans un espace anatomique inter musculaire et inter neuronal (entre 2 territoire d’innervation) à la face antérieure de la cuisse. La cicatrice est de 8 cm environ, le chirurgien ne fait qu’écarter les muscles.

L’intervention dure le plus souvent moins d’une heure, le saignement est moins important au niveau de la hanche que par les autres voies.

Seule la technique mini invasive par voie antérieure permet de poser la prothèse sans section musculo-tendineuse en écartant les muscles, en restant à distance des fessiers ce qui permet un excellent confort post opératoires immédiat car la douleur est moindre.

Elle permet de remarcher sans béquille, de monter et descendre les escaliers normalement et de conduire une automobile au bout de quelques jours. L’hospitalisation est réduite à 2 jours post opératoires.

L’activité professionnelle peut être reprise rapidement sans limite des mouvements car le risque de luxation (déboitement de la prothèse) par cette voie d’abord antérieure est quasi inexistant.

Le retour à la vie normale est rapide, l’absence complète de section musculo-tendineuse permet la reprise du sport, le ski est autorisé au bout de quelques mois, tous les mouvements de la hanche et toutes les positions sont permises.

Ce n’est pas une mode de la chirurgie orthopédique,
mais un réel progrès pour les patients.

Conclusion

Cette technique de la voie antérieure est en train de se développer car la demande des patients est grande.

Nous pouvons penser que dans les 10 prochaines années, la grande majorité des chirurgiens spécialisés dans la chirurgie prothétique de la hanche pratiqueront la voie antérieure en France et dans les pays à la pointe de l’innovation (Europe Occidentale, USA, Japon).

VIDEO DE LA PTH par voie antérieure miniinvasive




LES COUPLES DE FROTTEMENT

140000 PTH sont posées en France par an.

La mise en place d’une arthroplastie de hanche chez les patients de plus de 40 ans s’est accrue de plus de 140 % ces dix derniers années surtout parmi les patients de sexe masculin ce qui a conduit à la recherche d’une arthroplastie permettant une fonction proche de la normale restaurant au mieux la bio mécanique de la hanche et ASSURANT une plus grande stabilité et surtout une fiabilité maximale sur le long terme réduisant l’usure la prothèse.

La PTH se compose de deux pièces, une tige fémorale et une pièce côtyloïdienne. L’articulation entre ces deux pièces se fait entre l’insert côtyloïdien et la tête fémorale, il se forme ainsi le couple de frottement qui joue un rôle prépondérant dans la longévité des PTH car tout frottement entre deux matériaux impliquent une usure.

La problématique :

il est acquis que les sujets jeunes mais surtout actifs représentent la population la plus à risque d’usure et de descellement.
Leur niveau d’activité élevée justifie pleinement le recours à des couples de frottement aussi performants que possible.

Les différents couples de frottement

couple de friction métal métalUn couple dur sur souple :

Une tête en acier, cupule en polyéthylène qui était utilisée depuis les années 60, mais l’usure du polyéthylène libère des débris qui sont responsables d’une réaction macrophagique locale et d’une ostéolyse provoquant le descellement des pièces prothétique. Ainsi d’autres couples ont été recherchés pour diminuer cette usure.

Les couples dur sur dur

a) Le couple de friction métal métal

Le plus résistant en théorie a été utilisé dès 1938 par WILES qui fait frictionner une tête en acier sur une cupule en acier avec pour conséquences la création d’une métallose et des échecs précoces.

Dans les années 2000, le marketing des grandes firmes américaines de prothèses articulaires et l’information délivrée de très nombreux sites web sur ce couple métal métal l’ont relancé. Mais l’usure du métal libère des ions métalliques localement et dans la circulation sanguine et lymphatique. Les conséquences locales et systémiques du relargage des ions métalliques sont nombreuses.

couple de frottementLa cyto-toxité des ions métalliques est responsable d’une destruction des parties molles se manifestant par des douleurs, un épanchement articulaire, des pseudo-tumeurs loco-régionales. La métallose provoque une synovite inflammatoire locale. Il s’ensuit une ostéolyse et le descellement des pièces prothétiques.

Le risque carcinologique local est réel mais exceptionnel.

Certains modèles de resurfaçage métallique de la hanche et de la prothèse totale de hanche à grosse tête métallique ont entraîné 13% de changement de prothèse à 5 ans de recul (registre national des prothèses du royaume uni) très nettement supérieur aux autres couples de frottement.

Ce couple métal métal est contre indiqué de principe chez la femme en âge de procréer.

L’ion métallique peut passer la barrière placentaire.

Pour ces raisons, la prothèse totale de hanche métal métal en chrome cobalt ASR de Depuy a été retirée du marché mondial en aôut 2010.

Les patients porteurs de ces prothèses métal métal à grosse tête ou de resurfacage métallique de hanche doivent avoir un suivi régulier à la fois clinique, radiographique et doivent bénéficier d’un scanner au moindre doute ainsi que du dosage des ions chrome cobalt dans le sang (recommandation de l’AFSSAPS).

Je n’ai jamais utilisé le couple métal métal.

b) Le couple de frottement céramique

Le couple céramique céramique que j’utilise depuis plus de 12 ans. La céramique d’alumine est utilisée en France depuis 1972.

Actuellement, nous utilisons la céramique bi composite alumine-zircone pour sa tribologie exceptionnelle :

Mouillabilité et lubrification optimale, coefficient de friction et usure minimale (0,025 microns par an soit 3000 fois moins d’usure que le couple métal- polyéthylène et 40 fois moins d’usure que le couple métal métal.

C’est un matériau très rigide et très stable : pas de déformation plastique et un très faible risque de fracture de la tête en céramique (une fracture sur 1/10 000 poses)

La céramique est biologiquement inerte, il n’y a pas de réaction d’ostéolyse ou peu de risque de descellement du aux débris d’usure, le couple est quasiment inusable ce qui convient donc parfaitement aux sujets jeunes. J’utilise ce couple céramique depuis plus de 12 ans.